portrait-philippe-croizon

Voilà un défi comme je les aime ! Tous avec moi pour encourager Alban Tessier, pour cette incroyable aventure

Philippe Croizon

présiden evo morales bolivien

Saludamos al hermano invidente francés, #AlbanTessier, que atravesó a pie, en 6 días, 140 Km del Salar de Uyuni, pese a los vientos helados y nevadas de esta época del año. Su logro es ejemplo de que se puede superar cualquier obstáculo con disciplina y perseverancia. Felicidades

Evo Morales

lousi philippe loncke aventurer

Happy to have advised and supported Alban. He finished his walk yesterday… oh and he’s “blind”.

Louis-Philippe Loncke

Le projet Uyuni // du 17 au 23 juillet 2018

logo du projet uyuni

Malvoyant, Alban TESSIER a traversé à pied, seul et en autonomie, à près de 3.800 m d’altitude, le Salar Bolivien de Uyuni, le plus vaste désert de sel au monde.

Actualité

Du 17 au 23 juillet 2018 système de géolocalisation permettant de suivre la progression d’Alban

géolocalisation disponible en juillet 2018

Retrouvez tous les partenaires →

La presse en parle !

Un homme

Alban TESSIER, 42 ans, très malvoyant atteint de rétinite pigmentaire, une maladie dégénérative de la vision. L’avancée de celle-ci le classe aujourd’hui dans la catégorie 3 de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sous l’intitulé “cécité” (acuité visuelle entre 1/20 et 1/50 ; champ visuel de moins de 10 degrés autour du point de fixation).

Ce que vous voyez

ce-que-vous-voyez-illustration rue bonne vision

Ce que je vois

ce-que-alban-voit-vision

Enseignant dans un Institut pour déficients visuels et jeunes souffrant de troubles envahissants du développement (TED) près de Nantes. Marié avec Morgana, 2 filles : Elia 11 ans et Lizon 9 ans. « J’ai pratiqué le cyclisme sur piste et sur route, ainsi que le VTT. Avec l’évolution de ma déficience visuelle, je suis passé au tandem sur route puis au tandem VTT. Plus récemment, je me suis exercé à la course à pied et aujourd’hui à la marche athlétique au sein du Racing Club Nantais en tant que licencié handisport. Comme beaucoup, j’ai toujours eu une certaine admiration pour les expéditions de l’”extrême” comme celles de Nicolas VANIER, de Mike HORN ou encore l’exploit de Philippe CROIZON. J’ai pu en rêver, sans même y trouver une quelconque place, même à moindre niveau.

J’ai suivi de l’intérieur dans les années 2000, les aventures de mon ami Michel POINT, aveugle. Tout d’abord, avec le projet de participer au Dakar en tant que copilote avec Nicolas RICHARD (président de l’association A PERTE DE VUE), puis ensuite avec son intention de traverser seul le désert Tunisien en autonomie totale. Malheureusement, Michel n’aura pu mener ce dernier projet à terme, il nous a quitté en 2011 après s’être battu contre le cancer.

J’ai toujours eu une relation forte avec Michel et encore une fois sans jamais l’avoir imaginé, j’ai eu l’envie de mener son action à son terme. Sans aucune comparaison et comme chacun est singulier, j’y ai mis une touche personnelle en transférant l’expédition sur le Salar de Uyuni, lieu qui m’émerveille depuis une quinzaine d’années. J’ai également eu un un certain besoin de sortir de ma zone de confort, et de prendre le temps de l’introspection. »

Loin d’une folie, je ne comptais pas me mettre en danger, sans préparation, sans assurer ma sécurité, et n’aurais pas mené cette aventure si les nouvelles technologies ne le permettaient.

J’ai aussi pu récolter bon nombre d’informations comme des retours d’expériences (notamment de l’explorateur et aventurier belge Louis-Philippe LONCKE entre autres), des données météorologiques, des éléments géologiques, des fiches techniques de produits spécifiques, des conseils de préparation physique, … Enfin, j’ai consulté mon ophtalmologiste et mon cardiologue pour valider l’aspect médical. »

Le Salar d’Uyuni

Situé au pied de la Cordillère des Andes à 3 670 m d’altitude, le Salar d’Uyuni est le plus vaste désert de sel du monde avec sa superficie de plus de 10 000 km².

il appartient au département de Potosi au Sud Ouest de la Bolivie. On estime sa capacité en sel à 10 milliards de tonnes et son exploitation représente environ 25 000 tonnes par an. Il constituerait à lui seul quasiment la moitié des réserves de lithium exploitables de la planète.

Le trajet d'Alban lors de son projet

Durant la saison des pluies, de décembre à mars, il peut être recouvert d’une quinzaine de centimètres d’eau représentant ainsi un gigantesque miroir où le ciel se reflète et dans lequel l’horizon se perd. La période privilégiée pour l’expédition se concentrait donc sur juillet/août, la saison sèche hivernale.

Il est balayé par des vents relativement constants de Nord Ouest autour de 20 à 40 km/h pouvant atteindre les 80 km/h. Ceux-ci s’apaisent la nuit donnant ainsi une moyenne de 10 à 12 km/h. Les températures quant à elles oscillent entre 20 degrés le jour où il y règne un ensoleillement permanent et peuvent descendre à – 15 la nuit durant cette saison.

Le Projet

L’idée était donc d’effectuer, en marchant, une traversée du Salar, de Llica à Colchiani, en passant par la Isla del Pescado. Ce qui représente environ 140 kilomètres répartis en 7 étapes sur 7 jours, seul et en autonomie.

La progression était consultable sur le site internet de l’aventure et nous avons partagé l’expérience au travers de publications vidéos, audio, textes via le site et les réseaux sociaux.

Le Projet expliqué en radio

Interview d’Alban Tessier sur RCF par Marine Perresse.

Le matériel

L’essentiel de l’expérience repose sur un outil de guidage adapté à la déficience visuelle, Wizigo de GoSense. Cet outil basé sur la technologie GPS m’a permis de suivre un parcours (trace) préalablement relevé avec l’équipe locale de l’agence Gaston Sacaze.

J’étais en possession d’un smartphone et d’un boitier satellitaire. Ce dernier me permettant d’établir des appels téléphoniques via le smartphone, mais aussi d’assurer le tracking de ma position en temps réel, et enfin la possibilité d’envoyer un signal de détresse directement à l’équipe d’intervention.
Un chariot de trek embarquait l’eau (plus de 20 litres), la nourriture (plats lyophilisés MX3 extrême), le nécessaire de bivouac (tente 4 saisons, duvet grand froid, …), une trousse de soin, des batteries et panneaux solaires.

pictogramme le matériel d'Alban

Je porte aussi une attention particulière au peu de vue qu’il me reste et devait donc protéger mes yeux au mieux de la réverbération importante sur le Salar. Une protection optique de grande qualité était donc indispensable, Julbo m’avait ainsi fourni lunettes et masque de ski.

Bien entendu l’habillement était aussi adapté aux conditions climatiques et relevait de vêtements spécifiques pour la haute montagne conseillés et fournis par Approach Outdoor. J’embarquais ainsi près de 55 kg de matériel avec un sac complémentaire sur le dos.

L’équipe d’intervention

Celle-ci était composée de Sylvie, médecin français ; Grégorio, le chauffeur du 4×4 ; Roger, aux images, technique et sécurité ; Yobana et Dora, à l’intendance pour l’équipe ; et Will, chef opérateur de l’Agence Gaston Sacaze.

Elle pouvait intervenir suite au déclenchement du signal de détresse ou appel téléphonique de ma part et était en mesure de suivre en temps réel ma position GPS et ainsi me géolocaliser. Elle a pu assurer ma sécurité et intervenir pour des raisons de santé ou d’ordre technique.

Le Récit d’Alban Tessier

J-7 – 10 juillet 2018

Les derniers préparatifs

Tout le matériel est rentré dans les bagages, au millimètre mais tout y est. Les poids de valises sont respectés. J’ai arrêté mon entrainement depuis quelques jours, je suis prêt !

 

J-6 – 11 juillet  2018

Départ

C’est plein d’émotion que je retrouve Sylvie, le médecin qui m’accompagne et que je quitte ma femme et mes filles à l’aéroport.

C’est le grand départ de Nantes pour La Paz via Madrid et Santa Cruz.

Une bonne vingtaine d’heures de voyage !

Hormis l’obligation, à chaque checking, de vider mon bagage cabine rempli de l’intégralité du matériel électronique interdit en soute, suivi du plaisir de jouer à Tétris pour tout recaser, ainsi que l’attente interminable à Madrid de nos cartes d’embarquement qui finirent par arriver 5 minutes avant le décollage, tout se passe bien.

 

J-5 – 12 juillet  2018

La Paz

Atterrissage sans encombre sur l’aéroport le plus haut du monde. Notre arrivée à La Paz est presque digne d’un chef d’état, nous sommes accueillis à l’aéroport par le Vice-Ministre de la Culture et une représentante du Ministère du Tourisme encadrés de bon nombre de journalistes, micros, appareils photo et caméras à la main. Nous filons dans la foulée au Ministère du Tourisme et de la Culture où nous sommes invités pour une conférence de presse.

Le midi, plus tranquilles, nous retrouvons Will, Audrey et Ismenia de l’agence de voyage Gaston Sacaze avec qui je travaille depuis près de 2 ans sur la logistique.

Sylvie souffre de l’altitude, on est en train de perdre le doc !!! 😉

Surplombée par le Volcan Illimani que l’on croirait pouvoir toucher du doigt malgré ses 6439m, la ville est époustouflante : construite à flanc de montagne, à 3640m, peuplée de plus de 2 millions d’habitants et une circulation dingue !

Je finis la journée par une émission télé en plateau avant un repos bien mérité à l’Hôtel Ritz.

 

J-4 – 13 juillet 2018

La Paz > Copacabana > Lac Titicaca – Isla del Sol

Au travers de ces premiers jours nécessaires à l’acclimatation, c’est l’occasion de s’immerger dans la culture bolivienne au travers de 2 jours sur le Lac Titicaca.

En route avec Miguel notre chauffeur et Javier notre guide pour un voyage épique sur les routes boliviennes, autoroute à contresens, pistes dignes du Dakar, des croisements de véhicules périlleux sur les lacets de montagne… On emprunte le bac rudimentaire pour traverser le détroit avant d’arriver à Copacabana. Nous y visitons l’église, déjeunons puis nous embarquons pour la Isla del Sol, berceau de la civilisation Inca.

Nous marchons sur 5 km sur les bords du lac, au travers d’un petit chemin escarpé, jonché de marches irrégulières. Nous y voyons les vestiges d’un temple et y croisons les statues des premiers incas, Manco Kapac et Mama Ocllo, qui selon la légende sont sortis du lac. Notre gîte est magnifique et donne directement sur le Titicaca ! 

 

J-3 – 14 juillet 2018

Lac Titicaca – Isla de la Luna > Copacabana > La Paz

Ce jour nous partons sur la Isla de la Luna où Javier évoquera les légendes incas, les offrandes à la Pachamama, et d’autres faits de la culture Bolivienne.

Sur le chemin du retour, c’est l’occasion d’un petit rite initiatique pour apprendre à chiquer la feuille de coca 😉 Il parait que ça me sera nécessaire pour affronter le Salar …

Les effets de l’altitude s’effacent. Mon rythme cardiaque reste élevé et l’effort m’essouffle rapidement mais je le gère bien. Rien d’anormal à ces hauteurs.

Pour parfaire la préparation, sitôt revenu à La Paz, je m’offre les services d’une osthéopathe. Mon dos est sensible suite à l’inconfort de l’avion et je me dois d’être au mieux pour supporter les 55 kg que je devrai transporter durant le trek.

 

J-2 – 15 juillet 2018

La Paz > Uyuni

Notre avion est programmé à 9h mais le brouillard en a décidé autrement. Après plusieurs reports, il part enfin aux environs de 20h. Point positif : on a pu suivre de l’aéroport la finale de la coupe du monde de football qui a vu la France victorieuse ! Inspirant…

Cependant, il faut se rendre à l’évidence, on vient de perdre une journée de reconnaissance sur le Salar ! Devrons-nous reporter d’un jour le départ ou revoir l’organisation ? On avisera…

Nous arrivons dans la soirée sur Uyuni aux portes du désert…

 

J-1 – 16 juillet 2018

Premiers contacts avec le Salar…

Ouf ! Le matériel n’a pas souffert du transport. Je remonte aisément mon chariot de trek dans l’espace exigu de l’Agence Salt Adventure Tours. Je récupère l’eau et le gaz comme prévu. C’est non sans émotion que nous partons pour explorer le parcours. Notre chauffeur Gregorio nous amène jusqu’à Llica point de départ de l’aventure et nous remontons progressivement en 4×4 le parcours jusqu’à Playa Blanca. Le lieu est époustouflant, j’ai l’impression de poser le pied sur la Lune. Au gré de nos arrêts, je découvre les différents aspects du sol : lisse, rugueux, parfois comme de la poudreuse, craquelant, glissant, ondulé, tantôt sec, tantôt humide voire gorgé d’eau… 

Nous nous arrêtons au beau milieu du désert, sur la Isla del Pescado où trônent fièrement des cactus géants millénaires. Yobana, qui dirige le Salt Adventure Tours, nous prépare un véritable festin. Nous dégustons un Pique Macho, plat traditionnel, accompagné de frites ! Nous sommes au milieu de nulle part, attablés avec nos couverts, c’est improbable 😉

Nous poursuivons et traversons des zones de “Ojos de agua”, véritables champs de mines, trous plus ou moins larges et profonds, remplis d’eau et aux bords rendus tranchants par les cristaux de sel… Je peaufine la technique de sondage avec mes bâtons de marche et peux me rendre compte que ceux-ci peuvent disparaitre intégralement dans ces trous, je n’y atteint parfois même pas le fond…

Arrivé à Playa Blanca, lieu qui verra le terme de l’expédition, c’est l’occasion  de tester le montage de ma tente et d’évaluer la difficulté à planter les ancrages dans le sol dur comme du béton.

Jour 1 – 17 juillet 2018

C’est le jour J !

Il est 5h sur Uyuni, on embarque dans le 4×4 avec l’équipe.

Après 2 bonnes heures de route, on vient de traverser l’intégralité du Salar et nous arrivons à son extrémité Ouest. Le véhicule s’arrête. On y est…

Partagé entre une certaine tension et l’envie de démarrer rapidement, je me prépare. J’installe mon sac sur le chariot et le sangle solidement. J’adjoins les panneaux solaires, branche, allume mon smartphone et le boitier satellitaire. J’enfile mon harnais puis ma veste, suivi de mon sac à dos. C’est parti !

Les débuts sont difficiles. Il faut se rôder et s’ajuster régulièrement. Le poids du matériel est conséquent. J’ai aussi tendance à zigzaguer. Même si j’ai effectué une vingtaine de kilomètres en réel, la distance en ligne droite de point à point est bien inférieure…

À 16h, je m’arrête pour installer mon bivouac et passer une première nuit sur le Salar.

 

Jour 2 – 18 juillet 2018

Le doute s’installe

La nuit s’est bien passée, j’ai bien dormi !

Cette deuxième journée de marche reste compliquée. Mon dos me fait souffrir et je suis soucieux. J’ai toujours du mal à rester en ligne droite. Alors que je souhaite faire une pause, je trébuche en décrochant mon chariot. La tête me tourne un peu. Le médecin ne tarde pas à arriver pour vérifier ma tension et mon pouls… Tout va bien ! Il est vrai que j’ai un peu de mal à me faire à la nourriture lyophilisée et que je n’ai pas consommé les 3500 calories nécessaires quotidiennement. Autant je m’hydrate correctement, autant il faudra que je sois vigilant à mon alimentation.

 

Jour 3 – 19 juillet 2018

Les naufragés du Tunupa !

La nuit est difficile ! Vers 22 heures le vent commence à se lever par bourrasques. Aux alentours de minuit, celui-ci s’intensifie, me laissant penser que je suis dans une véritable machine à laver. C’est alors qu’un ancrage de la tente lâche. La toile détendue commence à flotter côté ouverture. Je dois alors quitter le compartiment chambre et donc la chaleur de mon duvet. Je ne peux sortir pour le refixer, au risque que le vent ne s’engouffre et n’arrache tout. Je ne peux que retendre la toile de l’intérieur et je la cale avec mes sacs, pensant que leurs 55 kilos devraient suffire à la maintenir. Je me recouche. Malheureusement, les sacs glissent peu à peu, et le flottement de la toile se fait réentendre. Je me relève et n’ai d’autre choix que de la maintenir à la main. Le froid et la fatigue se font ressentir, je perds la sensibilité dans le bout de mes doigts, mes muscles tétanisent et à plusieurs reprises le tissu m’échappe des mains. Il est prêt de 2h du matin et je dois avouer que je commence à imaginer le pire. Je crains de perdre ma tente. Il faut se ressaisir, je réussis à récupérer ma doudoune et le boitier satellitaire. Je décide de retirer la protection du bouton d’appel d’urgence dudit boitier pour être fin prêt au cas où. L’équipe est à près de 2 heures… J’ai aussi réussi à rapprocher mon duvet. Contre toute attente, à 4h, c’est le retour au calme. Je retourne alors me coucher. Mais peu avant 5 heures, il pleut fort ! La toile détendue se rapproche de mon visage… Non, il ne pleut pas… Il neige ! Le poids affaisse progressivement la tente distendue. Je n’ai qu’à soulever la toile de la main pour entendre la neige accumulée descendre le long de la paroi. En me levant à 6h, le sol du Salar est gorgé d’eau, la neige n’a pas tenu sur le sel, mais ma tente est d’un blanc immaculé…

A ce moment, je ne sais pas qu’en France, ma femme qui suit ma position GPS via le tracking sur le site web vient de s’apercevoir que les points signalant ma position sont complètement éclatés comme si j’étais sorti de ma tente et que je ne retrouvais pas mon chemin. Inquiète elle contacte le chef opérateur Will qui fait la même constatation. Il n’y a pas grand-chose à faire, l’équipe est déjà en route. Il neige toujours fortement, et leur progression est difficile, tant la visibilité est nulle. Seules mes coordonnées GPS leur permet de s’orienter. L’équipe qui arrive peu après 8h est soulagée de me voir sur mon campement, et peut ainsi rassurer Will et Morgana mon épouse.

Je range mes équipements. Je ne veux pas tarder car j’ai déjà beaucoup de retard. Rendez-vous exceptionnellement à 9h30 pour un appel en duplex avec France Inter pour l’émission “Le temps d’un bivouac”, je pars et propose à Sylvie de me rejoindre à ce moment là.

9h30 : c’est l’appel d’essai pour l’émission, Sylvie ma rejoint comme prévu. Mon téléphone sonne, je m’apprête à décrocher mais tout déraille … Mon smartphone est en erreur, le boitier satellitaire est HS et les batteries viennent de se décharger subitement !!!

Miraculeusement, le smartphone de Sylvie, lui, a du réseau 8-o Nous réussissons à rétablir le contact et je participe à l’émission comme si de rien n’était.

Mais après l’appel, je déchante, j’active les doubles des appareils. En revanche, le tracking de ma position n’est plus assuré… L’équipe reste proche. Je continue d’avancer. A 15h, Will m’informe qu’une tempête est annoncée, vigilance orange neige et vent. Les aéroports ferment, tout comme les frontières… Il me parle de rapatriement ! Je lui réponds que j’ai encore une heure à marcher. Mais à 15h30, le 4×4 s’arrête à mes côtés. Will me dit que je n’ai plus le choix : le chauffeur veut sortir du Salar, il ne veut pas prendre de risque. La zone de sortie était déjà difficile mais avec la neige qui est tombée… Will me précise que si je prends la décision de rester, l’équipe ne pourra pas revenir, d’autant que ma position ne leur est plus signalée ! Il faut s’y résoudre, j’embarque avec mon matériel dans le véhicule et nous partons nous réfugier au pied du volcan Tunupa.

J’apprends par l’équipe que cette journée maudite leur a coûté la perte d’un smartphone et d’un drône mais aussi deux crevaisons réparées à coup de cola et de pompe à vélo apportée par une assistance inattendue en la personne de Dora, l’épouse de Grégorio.

Jour 4 – 20 juillet 2018

La renaissance

Il a encore beaucoup neigé mais j’ai pu passer une bonne nuit au calme. Je dois avouer qu’en montant dans le véhicule la veille, j’ai bien cru que l’aventure s’arrêtait là, d’autant que mon retard accumulé devient très conséquent, près d’une journée de marche. La traversée en 7 jours semble plus que compromise…

Je checke le matériel, les batteries sont en partie rechargées, le smartphone est reparti mais le boitier satellitaire a définitivement rendu l’âme. Nous devons paramétrer le deuxième boitier et procéder à une modification auprès de la société française qui gère la géolocalisation et le déclenchement de la balise de détresse. En un temps record, c’est fait !

L’équipe me ramène et me redépose au point GPS relevé avant mon rapatriement.

J’y crois à nouveau et je suis reboosté. Le sol est couvert d’eau mais j’ai l’impression que rien ne peut m’arrêter. Les kilomètres s’enchainent. J’ai près de 10 kilos de moins sur mon chariot. Chaque jour je bois 3 litres et mange quasiment 1 kilo de nourriture.

Cependant, mes pieds commencent à souffrir et quelques soins sont nécessaires.

 

Jour 5 – 21 juillet 2018

Avancer au maximum

La nuit de nouveau seul en bivouac est calme et reposante. Je commence à rattraper une partie de mon retard et je ne compte pas m’arrêter là. Je me sens bien. 

Les écarts de températures en journée ne sont pas toujours simples à gérer, entre le soleil qui tape fort puis se cache derrière les nuages, la réverbération importante, le vent changeant, …

Même s’il diminue, le poids sur mes épaules est parfois insupportable. Je finis par prendre la décision de mettre mon sac à dos sur le sac de camp du chariot. Je m’assure que ça peut tenir, enfin je prends le risque car il n’est pas prévu pour soutenir près de 40 kg !

Bien sanglé, l’ensemble me parait convenable et c’est reparti !

En fin de journée, je longe désormais la piste. Roger, chargé de la sécurité, du matériel électronique et des supports photo/vidéo, m’a rejoint pour m’éviter tout risque : les 4×4 roulent vite et c’est un véritable danger.

Le vent se lève et prend de l’intensité. Le froid est perçant. Will apporte la mauvaise nouvelle, une autre tempête s’annonce. On refait la même qu’il y a deux jours, alerte orange vent et neige …

Même si mes outils de communication sont fonctionnels, je ne discute pas cette-fois le rapatriement : je sais que l’équipe ne pourrait intervenir durant la nuit avec ces conditions climatiques…

Je suis de nouveau rapatrié, ce coup-ci sur Colciani, dans un hôtel qui parait à l’abandon. Je suis seul mais à l’abri dans ce refuge. Cette fois l’équipe a pu rentrer à l’hôtel ou à domicile 😉

 

Jour 6 – 22 juillet 2018

C’est possible

Il a encore énormément neigé. De nouveau, je suis redéposé au point GPS relevé.

J’ai parcouru une bonne distance ces derniers jours et le retard s’efface progressivement.

Je commence à y croire vraiment. Aujourd’hui c’est Will, qui, descendu de La Paz, va assurer ma sécurité. Je dois traverser une zone critique parsemée des fameux “ojos de agua” qui n’inspirent pas à la baignade. 

Le sol est encore très humide. Malgré mes guêtres stop tout, le bas de mon pantalon est maculé d’eau salé jusqu’à l’arrière de mes genoux.

Au-delà des “ojos” certaines zones ressemblent vraiment à de la poudreuse et y progresser est difficile, le chariot s’enfonce et la résistance des roues dans ce sol meuble ne m’aide pas. Cependant le poids s’est largement amoindri et je ne tire ce jour “plus que” 35 kilos. 

La fatigue se fait sentir, mes pieds me font souffrir, nécessitant toujours des soins. Mais je suis content. Le retard est intégralement rattrapé.

C’est l’heure du dernier bivouac et j’apprécie ce moment de solitude dans cet environnement lunaire. J’admire à ma façon cet ultime coucher de soleil en entendant les 4×4 de touristes retardataires rentrant de l’Ile d’Incahuasi passant à vive allure non loin de ma tente.

Jour 7 – 23 juillet 2018

Finisher !

La nuit a été bonne et je suis sollicité dès le réveil par un appel de TV5 Monde. 

Le démontage du camp prend une dimension particulière et c’est non sans émotion que je remplis mes sacs. Je suis éprouvé et la journée me semble longue.

Les derniers kilomètres me paraissent interminables mais quand Roger me rejoint, je comprend que l’on est très proche. Encore 2 à 3 kilomètres, la fatigue s’envole, je ne sens plus mon chariot, mes pensées s’emmêlent, je ris, je pleure,…

Je pense à Morgana, à mes filles Elia et Lizon, et aux sacrifices consentis sur notre vie de famille durant ses 3 années de préparation.

Je pense à ma mère traversant des moments difficiles et à ma famille.

Je pense aux personnes qui m’ont soutenu et leurs mots raisonnent comme si chacun était là sur le bord de la piste, mais aussi et surtout je pense à mes piliers aujourd’hui partis, Yves, l’oncle de ma femme, qui m’a appris le dépassement de soi et m’avait bluffé sur la compréhension de mon handicap et son approche ; à Karl, mon frère, malvoyant également, avec qui j’ai tant partagé ; et Michel, mon formateur, collègue, ami, qui m’a tellement transmis et qui avait initié ce projet. Je crois que je les ai souvent ressentis durant cette marche, comme s’ils marchaient à mes côtés, les percevant dans mon ombre qui se projetait sur le sol blanc.

C’est l’arrivée sur Playa Blanca à l’extrémité Est du Salar.

Je retrouve toute l’équipe. Grégorio, Dora, Yobana, Roger, Will et Sylvie m’ont fait vivre une aventure exceptionnelle et je ne les remercierais jamais assez.

Merci à tous les gens de l’ombre qui ont contribué à la réussite de ce projet : Pascale, Cécile, Nicolas, Sébastien, Audrey, Ismenia, Maria, Mohamed, Thomas, Marion, Louis-Philippe, Guillaume, Moïse, Fabiana, François, Samuel, Yves, Jean-Claude, Nicolas, Martin, Marina, … J’espère que j’oublie personne :-/ Toutes mes excuses si c’est le cas !

Merci à tous les partenaires qui ont cru au projet !

Je suis un privilégié …

Je… ON l’a fait !

Après avoir planté le drapeau français, sur la plateforme parmi tous les autres,  comme il est coutume de faire quand on est de passage, petite conférence de presse et le partage d’un moment convivial pour fêter l’arrivée.

Je vis un moment rare avec Dora ma “maman bolivienne”…

Ah et pour finir en beauté, l’occasion de conduire pour la première fois de ma vie ! J’ai pris le volant d’un Toyota Land Cruiser sur le Salar !!! Sensations et émotions garanties…

La journée se termine par l’arrivée au Palacio del Sal, splendide palace construit de blocs de sel. L’endroit est tellement magnifique que j’ai honte d’y pénétrer dans cet état ! Mes chaussures et le bas de mon pantalon sont couverts d’une épaisse couche de sel, mes vêtements sont sales, sans parler que je n’ai pas trouvé la douche durant ces 7 jours ! Je suis gentiment surclassé et je bénéficie ainsi d’une incroyable suite, tout comme Sylvie 😉

Grand nettoyage, bon repas et repos.

 

24 juillet 2018

Colciani

L’équipe de l’hôtel est aux petits soins et je ne boude pas mon plaisir.

Ma famille me manque et j’aimerais partager ces instants.

J’ai encore du mal à réaliser ce que je viens de vivre.

Je commence à prendre connaissance de la couverture médiatique et des diverses sollicitations qui arrivent…

Ce jour, nous sommes reçus par les autorités de la ville d’Uyuni qui souhaite m’honorer.

Nous visitons également le cimetière des trains.

 

25 juillet 2018

Colciani > Potosi > Sucre

Dora et Gregorio nous amène aux travers des montagnes vers Potosi où nous arrivons tel une délégation ministérielle. Nous sommes reçus par le Gouverneur de Potosi !

Nous quittons à ce moment là et non sans larmes nos amis d’Uyuni.

Notre guide Fllaco nous fait la visite express de la ville, connue pour ses mines d’argent.

Nous voilà déjà repartis pour Sucre.

A peine arrivés, nous sommes reçus par la rédaction d’un journal de presse écrite pour une interview.

 

26 juillet 2018

Sucre

Au programme de ce jour, trois interviews télé, un entretien téléphonique avec une journaliste de Paris Match, la visite de la ville, puis du musée du textile et des arts indigènes. Nous sommes aussi reçus à la direction du Tourisme de Sucre.

 

27 juillet 2018 

Sucre > La Paz

Nous reprenons l’avions à Sucre pour revenir à La Paz.

A la sortie de l’aéroport, nous réalisons une descente vertigineuse via le téléphérique qui traverse La Paz, impressionnant ! On en profite pour aller au marché et faire quelques achats souvenirs.

 

28 juillet 2018

La Paz > Coroico

Nous sortons de La Paz avec notre chauffeur Santos et notre guide Ernesto en direction de Coroico. Nous passons à 4680 m d’altitude puis empruntons la route de la mort … Je ne sais pourquoi mais ce nom ne me dit rien qui vaille ! 300 morts par an :-/

La végétation est luxuriante et nous arrivons sur ce petit village de 2000 âmes. Cette jungle d’altitude est entourée de plantations de café, d’arbres fruitiers et autres cultures de coca.

Le climat y est particulièrement agréable et nous atteignons les 28°c. C’est l’occasion de nous baigner 😉

 

29 juillet 2018

Coroico > La Paz

Nous enfonçant dans la végétation, nous pouvons admirer une magnifique chute d’eau.

Nous visitons ensuite une plantation de café où l’exploitante nous renseigne sur le cycle de culture avant de nous proposer une dégustation.

Sur la route du retour, Ernesto lance la musique andine avant de nous raconter quelques légendes et partager quelques pensées. Nous traversons les monts enneigés et la brume vient nous enrobés. L’atmosphère est toute particulière. Pris par l’émotion et sachant que nous vivons nos derniers jours en Bolivie … Ernesto El Chaman a frappé fort 😉

A notre arrivée, Will m’a programmé un rendez-vous avec Paul pour réaliser un tatouage afin de marquer à jamais cette aventure. Me voilà orné d’une magnifique croix des Andes dans laquelle se fond le Salar d’Uyuni et la trace de mon parcours. Sur les branches de cette croix on peut retrouver le Volcan Tunupa, un cactus qui symbolise l’ile del Pescado, un œil et une boussole.

 

30 juillet 2018

La Paz

Une dernière conférence de presse au Ministère du Tourisme et de la Culture où nous avons replanté le campement puis c’est un nouveau marathon des chaines de télé jusqu’à tard dans la soirée avec Will et Elise notre interprète.

 

31 juillet 2018

La Paz

Nous partageons un moment convivial autour d’un repas avec toute l’équipe de l’Agence Gaston Sacaze.

Beaucoup d’émotions avant le grand départ…

De si jolies rencontres et une belle aventure humaine !

Que de souvenirs de ce magnifique pays, les boliviens sont si accueillants et bienveillants !

 

1er Aout 2018

La Paz > Santa Cruz > Madrid > Nantes

Je suis nostalgique et très pensif tout au long du vol… 

Le voyage se termine et nous arrivons à Nantes. Le comité d’accueil à l’aéroport est chaleureux. Je suis très touché et heureux de retrouver ma femme et mes filles. Une dizaine de proches arbore le tee-shirt du projet 😉

Et voici le moment de quitter Sylvie avec qui je viens de passer 3 semaines, le cœur serré, une belle rencontre, le partage de moments uniques et la satisfaction d’être tombé sur la bonne personne ! Une amitié forte qui ne fait que commencer 😉 

Quelle aventure !!!

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Vous souhaitez valoriser votre image en contribuant à une action en faveur du handicap. Vous voulez fédérer autour d’une aventure singulière. Participez à la réussite de l’aventure de part votre soutien financier, au travers de votre expertise technique et la mise à disposition de matériel ou encore de votre support logistique.

Bénéficiez d’une visibilité accrue en profitant de la couverture médiatique du projet et de la mise en avant de vos couleurs sur notre site web, nos  publications sur les réseaux sociaux et le flocage de l’équipement.

 

Alban Tessier
alban.tessier@gmail.com
+33(0) 6 61 77 55 97

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